Depuis le 1er janvier 2026, en Belgique, les plus-values réalisées sur certains actifs financiers sont taxées. De nombreuses règles ont été établies, tant en termes de perception que d’exonération. Il nous semblait utile de revenir une fois encore sur cette taxe qui touchera certains d’entre vous.
Si vous détenez des actions, des obligations, des fonds d’investissement ou encore des cryptomonnaies ? Voici cinq points essentiels qui vous permettront de mieux comprendre cette nouvelle taxe et son implication.
La taxe sur les plus-values financières ne concerne pas tous les contribuables ni tous les placements
Pour faire bref, la taxe sur les plus-values financières s’applique principalement aux particuliers soumis à l’impôt des personnes physiques, mais aussi à différentes entités soumises à l’impôt des personnes morales, pensons ici aux ASBL et autres Fondations. Cela signifie également que les actifs détenus par des sociétés ne sont pas concernés, puisque celles-ci sont déjà imposées dans le cadre de l’ISOC.
Les actifs concernés par cette taxation sont (et la liste n’est pas exhaustive) :
- Les actions et les obligations
- Les fonds d’investissement et les ETF
- Certaines assurances-vie financières
- L’or physique
- Les devises étrangères
- Les cryptomonnaies
- …
Vous remarquerez, à la lecture de cette liste, que l’épargne-pension, l’épargne à long terme, les assurances groupe, les métaux précieux autres que l’or ainsi que les dividendes et intérêts déjà soumis au précompte mobilier de 30% restent en dehors du champ d’application de cette taxe.
L’actif n’est pas taxé, la plus-value lors de se revente oui
La taxe ne s’applique pas sur le montant total obtenu lors de la vente d’un actif, mais bien sur la plus-value obtenue lors de celle-ci. En d’autres termes, si vous revendez un actif acheté 100 euros 150 euros, vous ne payerez la taxe sur la plus-value que sur 50 euros. Autre point intéressant, tant que vous conservez votre placement, l’augmentation de sa valeur n’aura aucune conséquence en termes de taxation.
Si vous avez acheté le même actif à plusieurs moments et à des prix différents, l’administration applique le principe FIFO, pour « First In, First Out ». Elle considère donc que les premiers titres achetés sont également les premiers vendus.
Le taux de base de la taxe est fixé à 10 %. Une exonération annuelle est néanmoins prévue sur les premiers 10 000 € de plus-values. Ce montant atteint 20 000 € pour les couples mariés sous le régime de la communauté de biens et doit être indexé chaque année.
Attention : cette exonération n’est pas automatiquement appliquée. Vous devez la demander dans votre déclaration fiscale.
31 décembre 2025, une date à retenir dans le cadre de la taxation des plus-values
En matière de taxation, tout est toujours question de dates. La taxe sur les plus-values financières ne concerne que les plus-values réalisées en 2026. Pour déterminer la hauteur de cette plus-value, les autorités fiscales se baseront donc sur la valeur de votre actif au 31 décembre 2025. Cette valeur de référence s’est vu affubler le nom de « valeur photo ». Dans les faits, une action achetée 80 euros, ayant une valeur de 100 euros et revendue en 2026 pour 130 euros ne se verra appliquer une taxe que sur les 30 euros de plus-value entre le 31 décembre 2025 et le jour de la revente en 2026.
Une difficulté peut toutefois se présenter lorsque la valeur au 31 décembre 2025 est inférieure au prix d’achat initial. Dans ce cas, la taxe pourrait être calculée sur une plus-value supérieure au bénéfice réellement obtenu. Le montant payé en trop pourra, sous certaines conditions, être récupéré par l’intermédiaire de la déclaration fiscale.
Pour les actifs achetés en plusieurs fois avant le 31 décembre 2025, un prix d’achat moyen pondéré peut également être pris en considération. Ce mécanisme permet d’éviter de payer une taxe sur une plus-value que vous n’avez pas réellement réalisée.
Opt-in, Opt-out, c’est vous qui choisissez, mais pas n’importe quand
Nous vous avons déjà parlé dans un précédent article : la perception de la taxe sur les plus-values des actifs financiers se fait selon un modèle opt-in ou un modèle opt-out. Le premier autorise une retenue à la source, tandis que le second vous oblige à une déclaration personnelle.
Plus simple, si vous décidez l’opt-in, l’organisme financier qui gère vos actifs retiendra immédiatement les 10% dus sur les plus-values et les versera au fisc de manière anonyme. Vous conservez malgré tout l’obligation d’indiquer vos plus-values dans votre déclaration fiscale, et ce, d’autant plus si vous souhaitez bénéficier de l’exonération annuelle de maximum 10.000 euros, de déduire vos moins-values ou encore de récupérer un montant retenu trop élevé.
L’opt-out nécessitera que vous indiquiez vos plus-values dans votre déclaration fiscale, le fisc se chargeant ensuite de vous indiquer la somme à payer.
Retenez que votre décision est toujours irrévocable pour l’année fiscale en cours et que si vous ne faites pas de choix, c’est l’opt-in qui sera appliqué par défaut.
Attention, exonération et moins-values ne sont accordées que sur demande
Que vous ayez choisi l’opt-in ou l’opt-out, l’exonération annuelle de 10 000 € doit toujours être demandée dans votre déclaration fiscale. Si vous n’utilisez pas entièrement cette exonération, une tranche de 1 000 € peut être reportée chaque année. Ce report est possible pendant cinq années consécutives, ce qui permet de constituer progressivement une exonération plus importante.
Les moins-values réalisées depuis le 1er janvier 2026 peuvent également être déduites. Elles doivent toutefois être imputées sur des plus-values réalisées au cours de la même année. Elles ne peuvent donc pas être conservées pour réduire la taxation des années suivantes.
Enfin, jusqu’au 31 décembre 2030, il est possible, sous certaines conditions, de compenser la différence négative entre le prix d’achat initial d’un placement et sa valeur plus faible au 31 décembre 2025.
Pas de doute, la taxation sur les plus-values des actifs financiers demande une certaine attention. Vous avez des questions sur les chiffres de votre entreprise ? Posez-les à Magecofi-Atecofi via son formulaire de contact. Nous nous ferons un plaisir de vous renseigner sur l’optimisation fiscale de vos revenus.